D’où j’écris

J’écris depuis mes fissures.

Depuis ces moments où l’on avance
en faisant comme si tout allait bien,
alors qu’à l’intérieur quelque chose
s’est refermé sans bruit.

Comme beaucoup, j’ai appris à tenir.
À m’adapter.
À bâtir des murs, simplement pour survivre.

Ce sont ces murs-là qui m’ont appris à écrire.
Non pour les abattre,
mais pour comprendre comment ils s’étaient construits,
et comment, parfois,
ils pouvaient devenir des passages.

Écrivez votre texte ici ...

Ce que je ne suis pas

Je ne suis pas thérapeute.
Je ne suis pas guide.
Je ne suis pas sauveur.

Je n’accompagne pas des “cas”.
Je ne promets pas de guérison.
Je ne donne pas de méthode pour aller mieux.

J’écris.

J’écris pour celles et ceux
qui ont appris à se taire,
à s’adapter,
à tenir debout sans bruit.

Mes textes ne réparent pas.
Ils n’expliquent pas tout.
Ils n’enlèvent pas les murs.

Ils proposent seulement
un regard,
parfois un déplacement,
et, quand c’est possible,
une porte.

Ce que j’essaie de faire

Je n’essaie pas de changer les gens.
Je n’essaie pas de réparer.
Je n’essaie pas de conduire quelque part.

J’essaie de créer un espace.

Un espace où l’on peut s’arrêter,
déposer ce qui pèse,
et regarder autrement
ce que l’on porte depuis longtemps.

J’essaie de mettre des mots
là où tout est resté confus,
là où le silence s’est installé
par nécessité, pas par choix.

Si mes textes font quelque chose,
ce n’est pas parce qu’ils expliquent,
mais parce qu’ils laissent
chacun suivre son propre chemin.

Je n’ouvre pas les portes.
J’écris pour que certains puissent reconnaître
celles qui sont déjà là.

The Wall pour les cabossés

The Wall pour les cabossés n’est pas né d’un projet.

Il est né d’un moment où les mots ne pouvaient plus rester à l’intérieur.
D’un moment où continuer à se taire
aurait coûté plus cher que parler.

Ce livre est venu après les murs.
Après le silence.
Après l’effort pour tenir debout.

Je ne l’ai pas écrit pour expliquer une histoire,
ni pour livrer une vérité.
Je l’ai écrit pour poser des mots
là où quelque chose demandait à être regardé.

The Wall pour les cabossés
n’est pas une réponse.
C’est un passage.

Un livre pour celles et ceux
qui ont construit des murs pour survivre,
et qui sentent, un jour,
qu’il est peut-être temps
d’en regarder les briques,
une à une, sans se presser.


Chaque passage a son rythme.